C’est avec beaucoup d’élégance, par un style affirmé, un langage recherché que JC Staignier nous emmène dans l’Angleterre du Moyen Âge tardif anglais, où les luttes de pouvoir et d’influence étaient de mise.
Les personnages sont justes, des femmes fortes qui ont certainement existé, chaque époque de l’histoire ayant eu des protagonistes à la vision moderne pour leur siècle.
L’auteur ne commet pas la faute de créer des héroïnes que nous pourrions croire calquées sur notre XXIe siècle.
A l’instar de Gregory Philipps, auteur elle aussi de nombreux ouvrages historiques sur l’histoire de l’Angleterre, JC Staignier nous laisse entrevoir, sous couvert de romance, une connaissance remarquable de la société moyenâgeuse du XIVe siècle.
La description des tenues est minutieuse, celles des us et coutumes y sont méticuleuses.
L’auteur nous rappelle que l’Angleterre a parlé le français durant trois cents ans, depuis la conquête par Guillaume le Conquérant en l’an 1066.
A l’aune de ce roman, on se rend compte que le statut de la femme connaît, encore de nos jours, des brimades dont nos ancêtres n’auraient pas renié les paroles.
La maltraitance féminine y est évoquée, la soumission à l’époux, la perversion narcissique y est décrite avec beaucoup de psychologie et de finesse.
Si l’amour est omniprésent au travers des pages, la rudesse de l’existence, la crainte du jugement divin, les superstitions, la dureté de la vie au quotidien y ont toutes leurs places.
Ce roman se lit avec délice, le lecteur est happé par la complexité des personnages, nous doutons avec eux, nous craignons pour leur vie, en un mot c’est une saga flamboyante.
Il est à noter cependant quelques petits anachronismes botaniques qui ne nuisent en aucun cas à la fluidité de l’ouvrage.
Pour information, le citron apparaît dans les cours italiennes et françaises qu’à la Renaissance, soit au XVe siècle.
Le chrysanthème n’est arrivé en Europe qu’après la Première Guerre mondiale.
Un premier tome qui augure d’une belle saga à avoir dans sa bibliothèque.
Kariane Maxwell
02 octobre 2026
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Commentaires
Un grand merci pour cette superbe chronique. Je suis vraiment ravie de ce retour très pointilleux. Merci d'avoir fait confiance à ce texte.
J'ai aussi une petite question à propos du chrysanthème : tu parles de la seconde guerre mondiale pour son introduction en Europe. Je pensais qu'il avait été introduit en France en 1789. Je possède le livre d'un historien sur la Révolution française et il parle déjà du chrysanthème à cette époque. (qui n'est pas celle du Moyen Âge, j'en ai conscience, je me défends pas sur ce point, ce serait faire preuve de mauvaise foi de ma part). Mais la seconde guerre mondiale me semble tardif pour l'arrivée de cette fleur en Europe.
En tout cas, je te félicite pour les anachronismes. Je t'avoue que si au début que j'écrivais, j'y étais particulièrement attentive, j'ai abandonné, car presque plus aucune lectrice n'y prête attention. Je suis heureuse d'être tombée sur une personne qui est attentive à ce genre de détails.
Longue vie à ton blog et je te souhaite de bonnes lectures à venir.
Et je te remercie encore une fois pour ton temps. On ne le dit jamais assez.