L'amour minimaliste par Sandra Ganneval

Publié le 23 septembre 2026 à 18:34

 

 

Si je devais décrire le roman de Sandra Ganneval, L’amour minimaliste, je le dépeindrais comme une partition de musique. Les dix tempi de la musique classique y sont représentés, du « largo » en passant par l’ « adagio », le « moderato », l’ « allegro » pour finir en apothéose sur le « prestissimo ». Les personnages sont justes, attachants.

La difficulté de faire son deuil, cette sensation d’être un imposteur de la vie sont tellement bien décrits, avec sensibilité et pudeur. Comment vivre après une telle perte, comment oser rire, ce propre de l’homme, comment se reconstruire. Ce difficile questionnement est abordé avec tact par la plume délicate de Sandra Ganneval.

Le premier sourire après le décès d’un être cher vous déconcerte, vous pétrifie comme si vous aviez commis une immense trahison. Le rire, lui, vous prend par surprise, vous défie, parfois proche des larmes, le fameux fou-rire libérateur qui vous permet de masquer une émotion trop forte.

Le deuil y est décrit avec ce côté si personnel, propre à chaque individu.

On sent au fil des pages l’évolution du personnage principal, sa libération progressive de ce sentiment de trahison. Ella nous emmène dans ses doutes, ses envies, ses craintes. Ella est tellement … humaine.

L’auteur nous surprend, avec des scènes recherchées, des idées novatrices.

Sa galerie de portraits est détaillée, dans leurs psychologies, leurs naturels. Ce sont des gens ordinaires, avec une vie ordinaire et pourtant ils nous marquent et nous émeuvent.

Ce livre est un véritable page-turner, qu’on ne veut pas lâcher, oscillant entre la comédie romantique et le livre de psychologie du quotidien.

La fluidité avec laquelle nous passons d’un personnage à l’autre sans jamais s’y perdre, révèle tout le talent de Sandra Ganneval. Elle parvient à nous faire s’identifier à ses personnages, à exposer des faits dramatiques, tels que la vie en foyer social pour certains enfants. Sa description est d’un réalisme époustouflant.

La musicalité de ses termes renvoie au jazz de la grande époque, celui des Benny Goodman, Sidney Bechett, Louis Armstrong et des grandes voix telles Ella Fitzgerald, Billie Holliday, Sarah Vaughan.

Mais l’auteur nous livre aussi une réflexion intéressante sur l’épigénétique au travers des actes d’Alma. Cette découverte de la transmission des souvenirs ancestraux a été documentée sur des rats de laboratoire dès le début des années 2000 aux USA.

Avec L’amour minimaliste, l’auteur nous transmet sa soif de vie, d’amour qui chez elle est tout sauf minimaliste.

Un roman à lire de toute urgence.

Un vrai coup de cœur.

 

Kariane Maxwell

23 septembre 2026.


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